Les usages du mobile en mode sédentaire se développent
Christa Dabilly 07 juin 2011 06:25 | : Acteurs web, Application mobile, Equipementiers, Equipements, Opérateurs, Produits et services, Services et Contenus Internet
Trois mobinautes sur quatre se connectent aujourd’hui depuis leur domicile (source Ipsos/Media CT, S1 2010). Grâce aux smartphones et aux nouvelles applications « sédentaires », des usages se créent pour faciliter le quotidien des abonnés au sein de leur foyer. Cela va d’autant plus se renforcer avec la vente de près de 50 millions de tablettes tactiles en 2011 (source : données Monde, ABI Research, avril 2011) qui offrent un confort d’utilisation encore plus grand.
Des applications à vocation médicale
Des applications d’utilité médicale sont déjà disponibles pour faciliter la vie de personnes à mobilité réduite, atteintes d’une maladie chronique ou nécessitant un suivi quotidien. Le but n’est pas de gagner en mobilité mais bel et bien de gagner en sédentarité et d’éviter des déplacements.
Certaines applications permettent de récupérer les données médicales du patient à son domicile pour les envoyer sur un serveur auquel le médecin traitant a un accès sécurisé. Les applications peuvent également faciliter la demande de visite d’un médecin à domicile, la demande de conseils médicaux ou le suivi dans la prise de médicaments (iPills, Vital-Touch de Zennko, …).
Des applications qui pensent aux courses
Casino et Houra ont lancé dernièrement leur application mobile destinée à créer facilement sa liste de courses et acheter en ligne. Jusque là, rien de nouveau. La vraie valeur ajoutée de ces applications par rapport aux courses réalisées sur un site internet réside dans le fait qu’un smartphone offre d’autres fonctionnalités et permet d’être mobile aussi au sein du foyer.
Grâce à l’appareil photo intégré, le code barre d’un produit peut être scanné et des informations quant à sa disponibilité en magasin sont remontées. L’utilisateur peut alors choisir de l’intégrer dans sa liste de courses à livrer. Une fois le paiement effectué, l’application synchronise automatiquement la date de livraison dans le calendrier du smartphone et génère une alerte avant le passage du livreur.
Des applications qui viennent enrichir les fonctionnalités de nos appareils domestiques
Couplés avec d’autres appareils de la maison, le smartphone et l’application « qui va bien » décuplent les fonctionnalités du terminal.
Par exemple un baby monitor annoncé au dernier CES va envoyer des informations telles que la vidéo, la température et le taux d’humidité de la chambre de bébé sur le smartphone. La valeur ajoutée de cet environnement « monitor-smartphone-application » face à un baby monitor standard est l’intéractivité qui est offerte : les parents peuvent envoyer un message à leur enfant, une berceuse ou une histoire et ce, depuis n’importe où à la maison.
Un autre exemple : une application couplée avec une balance Wi-Fi permet de suivre la courbe de poids, de calculer l’IMC et d’offrir en quelque sorte les services d’un coach personnel à domicile, disponible à toute heure.
Le smartphone, et maintenant la tablette tactile, sont donc devenus des terminaux qui accompagnent l’utilisateur aussi dans le cadre domestique. Les utilisateurs encore réfractaires au monde de l’informatique et des télécommunications ont également désormais accès à de nouveaux services grâce à l’interface tactile qui rend l’usage intuitif et simple.
Les opérateurs ont compris qu’il y a des besoins clients sur les usages du réseau dans le foyer et que la réponse ne passe plus uniquement par les terminaux mais aussi par des applications. Elles couvrent des domaines variés, de la domotique au pratique en passant par la santé et le m-commerce, les facteurs clé de succès sont donc spécifiques à chaque type d’application. Pour des besoins touchant la santé, la QoS et la sécurisation sont primordiales, alors que pour des besoins de l’ordre du m-commerce à domicile, comme hors foyer, le support et la facilité d’utilisation sont les éléments différenciateurs.
Les opérateurs bénéficient d’une longueur d’avance sur les autres acteurs du monde applicatif : ils fournissent les terminaux, détiennent les infrastructures des réseaux, garantissent la QoS de bout en bout et offrent un support présent et identifiable avec des interlocuteurs physiques. L’enjeu est de conquérir de nouveaux clients et de renforcer l’attachement du parc actuel par un accompagnement plus poussé en mode sédentaire. SFR s’est déjà lancé sur le marché de la domotique il y a un peu plus d’un an, avec une solution de télésurveillance pouvant être pilotée depuis une application smartphone (SFR Homescope).
Cependant cet éco-système est ouvert à d’autres acteurs dont la légitimité est plus importante sur certains usages :
- le constructeur qui offre de plus en plus d’applications dans le prolongement de ses produits
- les acteurs du e-commerce qui bénéficient déjà d’une notoriété
- ou encore les pure-players web qui ont bien plus de visibilité que les opérateurs auprès des usagers
Google ne s’est d’ailleurs pas fait attendre dans ce domaine en annonçant en mai dernier son partenariat avec Lighting Science pour proposer des ampoules sous Android.
Ce marché des services domestiques qui a franchi le stade d’émergence offre incontestablement un potentiel à saisir rapidement par les divers acteurs, aujourd’hui complémentaires et bientôt concurrents. En marge de ces belles opportunités, le réel impact social de ces nouveaux services reste à évaluer.


