Google Maps, ratp.fr, comment nos trajets quotidiens vont évoluer ?
Jean Giard 29 juin 2011 01:14 | : Application mobile, Produits et services, Services et Contenus Internet
Suite à un passage au Mobile Monday (alias #Momo pour les intimes), j’ai découvert plusieurs applications innovantes, et notamment Locomote. Le principe de cette application est relativement simple et efficace :
- Vous souhaitez rejoindre une destination bien précise
- L’application calcule le trajet avec les sources classiques d’information (Bus, réseau ferré)
- Ainsi que, pour la première fois, le vélib’ comme choix de substitution
- Elle intègre, enfin, des compléments postés sur les réseaux sociaux afin d’avoir en direct d’éventuelles remontées d’incidents (appelés aussi informations chaudes) de lignes
- Par exemple : l’application vous indique de prendre la ligne 1 à 14H15 pour rejoindre La Défense, il y a un problème technique sur la ligne, vous êtes avertis en temps réel par des sources complémentaires aux sites institutionnels
L’un des atouts majeur de cette application est d’intégrer de nouvelles données lors d’une requête de déplacement. Cela permet de se projeter sur ce que seront demain nos services en ligne avec notamment le passage à l’utilisation d’un mode de transport multimodal (soit la possibilité d’utiliser au moins deux moyens de transports différents pour aller d’un point A à un point B, aussi appelé le Door2Door).
Un passage du mode « silo » au mode « transverse »
Actuellement, en fonction du besoin, nous allons chercher l’information sur une plateforme en particulier ; Nous utilisons les services de « ratp.fr »pour les déplacements interurbains (à Paris via bus ou réseau ferré spécifique), voyages-SNCF pour les voyages nationaux (voire internationaux) et les sites régionaux pour, par exemple, effectuer des voyages en bus entre deux villes au sein d’une même région.

Chaque portail utilise son propre système d’information, sa propre diffusion des données, sa propre interface (qui oblige l’utilisateur à s’adapter à chaque fois), ses remontées d’alertes et surtout son accès spécifique (RER, TER, …).
Il sera possible, demain, d’avoir accès à toutes ces informations, via une même plateforme, afin que l’utilisateur obtienne le meilleur résultat possible de façon centralisée. Pour cela il est nécessaire que les différents systèmes d’information se parlent et qu’une normalisation soit effectuée. Il faut aussi ajouter à cela la diffusion par les transporteurs de leurs plans de transport prévisionnel (horaires) et réel.
L’objectif final est qu’un utilisateur lambda puisse avoir, via une même interface, accès au meilleur compromis entre le délai/le coût et le moyen de transport.
De nouvelles composantes à prendre en compte
a) Le communautaire
Comme évoqué en introduction de nouveaux phénomènes existent, il est donc possible d’intégrer, en plus du voyage lui-même, des informations client en temps réel. Cela, afin d’être le plus pertinent possible auprès du demandeur d’information. Et surtout, cela aura l’avantage de fluidifier le trafic, par exemple :
- Une grève est en cours sur le RER B (chose qui peut arriver)
- La plupart des usagers se tourne « en réactif » vers la ligne 4 afin d’arriver à la gare du Nord
- Ils sont alors notifiés via une application que la ligne 4 est saturée et que des agents de la RATP limitent l’accès au quai
- L’application propose une solution de contournement par le bus (en indiquant le temps de trajet, voire le taux d’occupation de ce dernier ou encore la station de velib’ la plus proche en disponibilité)
- Cela évite une gestion de crise difficile, permet la baisse du stress généré et fluidifie le trafic
- Enfin cela diminue la dégradation de l’image du prestataire de services de transport, ce qui peut-être bénéfique dans un contexte ou l’usager devient un client à fidéliser.
b) Le développement durable
Il existe de nouveaux aspects importants pour gérer nos trajets au quotidien. Des données qui sont aujourd’hui disponibles en mode lecture et qui pourraient influencer notre choix de transport en pro-actif. C’est notamment le cas de la pollution environnementale et sonore. En général, les sites de recherche d’itinéraires indiquent quel est notre bilan carbone en fonction du mode de transport choisi, mais cela pourrait devenir un vrai facteur de choix pour le client en fonction de ses préférences ; Comme commence à le faire le site ecocomparateur de voyages-SNCF qui donne un comparatif écologique d’un trajet en voiture, en train et en avion.
Plusieurs initiatives voient le jour à travers le monde, avec notamment l’organisme de gestion des transports de Londres (Travel For London) qui intègre aussi dans sa stratégie de déploiement les pics de pollution.
Quel intérêt pour le client ?
La recherche dynamique de trajets fait partie des usages que nous avons en mobilité. Il est ainsi nécessaire pour nous d’avoir un accès simple et rapide à l’information. Par exemple, lors d’un trajet avec utilisation du TER et du métro, deux applications sont nécessaires sur notre mobile. Nous pouvons espérer demain n’avoir qu’à lancer une seule mutualisant l’ensemble des données.
Il en va de même sur la gestion des trajets, quoi de plus rébarbatif que d’entrer ses trajets favoris ? Il est possible d’imaginer lancer l’application qui :
- Identifie le trajet effectué par le voyageur (comme cela est fait pour les applications de course à pied type Nike runner).
- Analyse le trajet, propose des solutions alternatives
- Complète le tout par des données supplémentaires du type pollution sonore et environnementale.
En ajoutant, bien sûr le mode push, avec mise en avant d’un indicent constaté sur la ligne (les remontées de la communauté seront diffusés pour rester en temps « presque réel ») avec une proposition de trajet de contournement. Le périmètre des choix est donc démultiplié et prend en considération les préférences de l’usager.
Enfin l’utilisateur devient pro-actif en envoyant des updates du réseau à l’ensemble de la communauté.
Quels sont les obstacles à franchir ?
Mises à part les prouesses technologiques que constitue l’analyse d’un trajet par une application, ou encore l’effort nécessaire pour affiner au mieux les solutions de contournement, l’une des principales difficultés réside dans la gestion des différents interlocuteurs et des données. En effet, s’accorder entre les régions et uniformiser les données s’annoncent un travail de longue haleine (Cf : l’affaire CheckMyMetro qui a dû retirer son application car les cartes de métro étaient la propriété exclusive de la RATP). De plus l’acquisition d’inputs supplémentaires peut nécessiter la mise en place de nouveaux capteurs à intégrer dans la solution globale. Un travail d’intégration conséquent qui nécessite plusieurs passages d’étapes.
Les nombreuses sources de données impliquent aussi un travail important sur l’ergonomie et la mise en avant de l’information.
Plusieurs initiatives existent aujourd’hui afin de proposer plus de choix aux utilisateurs et ainsi être plus cohérent avec les nouvelles problématiques (tel que le développement durable). Malgré tout, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que l’utilisateur final puisse avoir un accès simplifié, efficace et exhaustif aux moyens de transports…


