Cartes SIM : vers les 200% de pénétration ?
Béatrice David 11 mai 2010 10:15 | : Téléphonie mobile
La France va rapidement dépasser les 100% de pénétration mobile, se rapprochant ainsi de la moyenne européenne, largement au-dessus de cette barre de 100%.
Le dépassement du ratio d’un mobile par personne s’explique par plusieurs raisons :
- Les lignes professionnelles sont comptabilisées
- Le double équipement
- L’existence de lignes inactives
La moyenne européenne est loin d’être une limite. Le ratio SIM/ population va encore largement croitre du fait de la multiplication des équipements connectables et l’émergence d’un Internet omniprésent (jusqu’aux objets) générant ainsi des relais de croissance sur le marché mobile pour les opérateurs au delà du marché de la téléphonie.
Ces cartes SIM supplémentaires qu’elles soient pour des usages Data seulement, MtoM, …représentent encore peu mais leur croissance est très importante.
- L’essor des modems USB et SIM 3G embarquées, premier exemple de ces relais de croissance
Ces équipements adaptés à la navigation nomade ou au remplacement d’une connexion fixe ont stimulé la croissance des cartes SIM dédiées à Internet, notamment au travers des offres des opérateurs subventionnant les netbooks couplés à un abonnement 3G.
Le nombre de ces cartes Sim dédiées a ainsi doublé en un an et représente aujourd’hui plus de 12% de l’ensemble des clients 3G. Elles sont pour l’opérateur une réelle création de valeur puisqu’elles représentent autant de nouvelles lignes, génératrices d’un ARPU supplémentaire à celui généré par ses clients en téléphonie.
- Tablets, Mobile Internet Devices, lecteurs multimédia se connectent :
Ces terminaux connectés représentent un parc à équiper pour les opérateurs, grâce aux applications mobiles, aux contenus vidéos, musicaux ou éditoriaux qui stimulent l’intérêt pour une connectivité sur ces nouveaux terminaux.
La connectivité Wi-Fi de ces équipements limite cependant la création de valeur pour l’opérateur au travers de cartes SIM dédiées, car les usages de ces équipements peuvent être en grande partie couverts par les services Wi-Fi. D’ailleurs l’iPad ne sera pas distribué au lancement par les opérateurs (qui se contenteront de distribuer des abonnements adaptés).
Les offres couplées avec les netbooks ou lecteurs multimédia (comme SFR avec l’Archos 3G+) génèrent néanmoins des lignes pour l’opérateur.
Le succès de ces offres couplées dépend :
- du niveau de subvention, pour stimuler l’adoption par des prix attractifs
- de l’éventail d’offres tarifaires proposées par l’opérateur, permettant de répondre au mieux aux différents besoin clients (forfaits illimités, au temps ou au volume).
- Cartes MtoM, marché d’équipement mais quels revenus ?
Les cartes Machine to Machine, utilisées exclusivement pour la communication entre équipements distants représentent aussi un relais de croissance du nombre de lignes mobiles. Les revenus viennent plus de l’aspect service que de l’ARPU data néanmoins.
Le nombre de carte SIM va donc progresser fortement sur le marché, en investissant le champ de la communication, du loisir puis de nouveaux territoires comme la maison par exemple, pour les services autours de la domotique.
Cette arrivée de cartes SIM dans le quotidien demandera une réelle qualité de service et de prise en compte des utilisateurs pour que cela ne se transforme pas en parcours du combattant pour lire un journal, lancer une machine à laver ou faire ses courses …




Dans le contexte de l’essor de “l’Internet of things”, l’article semble tout à fait sensé. Mais comment le réconcilier avec le fait que, selon le tableau de bord trimestriel publié jeudi 6 mai par l’Arcep, pour la première fois depuis 2002, le nombre de clients à la téléphonie monbile a reculé au cours du premier trimestre 2010.
A la fin du mois de mars on comptait en France 5100 clients de moins qu’à fin du mois de décembre 2009 – http://www.arcep.fr/index.php?id=10447
J’imagine que d’autres facteurs sont à l’oeuvre – je serais curieux de les connaître.
Merci pour ton commentaire Jean-Marc !
Dans le détail, on voit que la croissance nette trimestrielle est positive sur les offres postpayés (et de la même ampleur en pourcentage que l’an passé) mais négative sur les offres prépayées.
Cette décroissance est liée, je pense, à un dégraissage saisonnier du parc prépayé (historiquement on voit qu’un trimestre sur deux croit en prépayé, tandis que l’autre décroit). La saisonnalité est un phénomène bien connu maintenant avec les temps forts de l’année en termes de vente (avant l’été équipement en prépayé pour les vacances des ados par exemple, puis temps fort traditionnel de Noël pour équiper ceux qui ne le sont pas encore en guise de cadeau de fin d’année). Et dire que ma voisine de palier pense qu’il n’y a plus de saison !
Maintenant, le fait qu’en net le résultat soit négatif est une première.
J’ai tendance à penser que ça ne perturbe pas l’analyse de l’article globalement, peut-être le 200% est-il exagéré naturellement et donc difficile de le réconcilier. Mais comme tu le soulignes, l’Internet des objets qui semble en bonne voix, lié aux capacités éprouvées des cartes SIM en termes d’authentification et de gestion de droits tracent le chemin vers une explosion du ratio “nombre de cartes SIM” / “population française”, pouvant considérer que la croissance du nombre d’objet connecté devrait être bien plus forte que la croissance de la population, sauf mesure gouvernementale incitative
!