Etablir des prévisions sur la composition du parc de mobiles à horizon 3 ans se révèle déjà être un exercice très périlleux pour les acteurs issus du monde des télécommunications, cet exercice l’est encore plus pour les « profanes ». En effet, il n’est pas simple pour une marque, ou pour les éditeurs de contenus d’imaginer à quoi va ressembler le parc de terminaux dans 3 ans afin de définir sa stratégie mobile, notamment en matière d’applications. Ceux-ci s’interrogent : Faut-il se focaliser sur l’iPhone ? Quels sont les risques si une marque se focalise sur l’iPhone ? L’OS Android de Google va-t-il se généraliser ? Est-il nécessaire de développer sur d’autres OS que l’iPhone ? Quelle sera la part de marché des smartphones dans deux ans ? Faut-il se lancer dans une stratégie multi OS ? Les mobiles équipés d’une connexion 3 G permettant un accès à Internet mobile vont-ils se généraliser…

Le parc de mobiles actuel

Dans une logique de simplification, il est possible de dégager trois grandes familles de terminaux dans le parc actuel de mobile en France.

  • Les smartphones

La première grande catégorie est celle des smartphones, cette catégorie est aujourd’hui le fruit de toutes les attentions. Notamment grâce à l’arrivée sur le marché du terminal phare et emblématique de ce segment : l’iPhone. Avec maintenant près de 3 millions d’unités en circulation en France, l’iPhone a totalement dopé le marché des smartphones, entrainant dans son ascension d’autres succès moins remarqués comme par exemple le LG Viewty, dont les différentes déclinaisons se sont écoulées à près de 1,2 millions en France.

Ce segment renferme bien entendu les terminaux les plus évolués d’un point de vue fonctionnalités et usages.

Tableau 1

Le tableau précédent présente les usages et les caractéristiques généralement attendus pour définir un smartphone. Néanmoins certains smartphones peuvent présenter des fonctionnalités inférieures à la norme en « vigueur » du segment.

L’un des exemples les plus parlants est celui des capteurs des appareils photo numériques des différents iPhone qui atteignent seulement 3 millions de pixels, alors que la majorité des smartphones présentent des capteurs de 5 millions de pixels ou plus.

  • Les terminaux milieu de gamme

Le segment des terminaux milieu de gamme se révèle être en réalité un segment assez hétéroclite où se croisent les terminaux permettant un premier niveau d’usage simple de l’Internet mobile, ainsi que les mobiles « images » : mobiles destinés à une communauté ou à segment particulier de la population comme par exemple la tendance des mobiles « girly » ou bien les mobiles co-brandés avec une marque. Néanmoins, il est possible de définir un niveau commun et standard de fonctionnalités et d’usages pour définir un portrait robot de ce segment :

Tableau 2

  • Les terminaux basiques

Les terminaux basiques sont focalisés sur les deux principaux usages de la téléphonie mobile : la voix et le SMS.

Par postulat les terminaux « âgés » de plus de quatre ans sont automatiquement classés dans cette catégorie. Malgré la politique de renouvellement de terminaux mise en place par les opérateurs français, entre 15 et 20 % des terminaux du parc français sont actuellement âgés de plus de 4 ans.

Quel composition du parc de mobile dans 3 ans

A nouveau, il est possible de séparer le futur parc de terminaux français en 3 grandes catégories, quasiment identiques à celles du parc actuel. Seuls les usages et les fonctionnalités évoluent à l’intérieur des segments. En termes de répartition, le segment des basic phones voit sa taille diminuer au profit du segment des smartphones. Cela ne signifie pas pour autant que l’ensemble des possesseurs actuels de basiques phones va acheter un smartphone dans les trois ans à venir.

  • Un segment des smartphones qui se renforce en nombre et en usages

En termes de fonctionnalités, il est quelque peu aventureux de définir un listing des fonctionnalités standards des futurs smartphones dans 3 ans. On peut néanmoins garantir l’avènement de certains OS dans cette catégorie : Android (et ses « cousins », comme par exemple LIMO), Apple et BlackBerry. Même s’ils vont perdurer dans la catégorie des smartphones les OS Symbian, Windows Mobile et Java seront très certainement en recul en termes de diffusion et de développement technologique. De nouveaux OS sont actuellement mis en place par les constructeurs comme Nokia avec Maemo et Samsung avec Bada, il est peu probable que ce type d’OS connaisse une forte pénétration au sein de ce segment.

Les fonctions de géolocalisation vont se renforcer et se généraliser, ainsi que les interfaces tactiles et les écrans à très haute définition.

En terme d’usages on est en droit d’attendre une généralisation de l’accès Internet avec très haut débit mobile pour la gamme des smartphones (« débridage » des réseaux 3G actuels et arrivée de nouveaux réseaux comme la technologie LTE).

Les interfaces utilisateur intelligentes qui s’adaptent aux usages récurrents de l’utilisateur vont très certainement être généralisées dans ce segment. La notion d’interaction entres les différents équipements sera aussi de plus en plus présente : le mobile va devenir le centre de toutes ces interactions : avec les téléviseurs, les PC, les caméras de surveillance, l’ensemble des équipements liés à la domotique. Les smartphones se transformeront en véritable télécommande de la maison et de la vie quotidienne des utilisateurs.

La technologie des pico-projecteurs va, très certainement, devenir une norme dans le segment des smartphones, cette technologie permet de diffuser du contenu, en grand format, sur n’importe quel type de surface : un mur par exemple.

Enfin comme le laissent présager certaines fonctionnalités des smartphones actuels, les smartphones de demain vont devenir de véritables agrégateurs des réseaux sociaux, ainsi que le vecteur d’utilisation privilégié de ces réseaux.

  • Des terminaux milieu de gamme qui se renforcent en fonctionnalités

Un glissement technologique va s’opérer : les fonctionnalités actuellement réservées aux smartphones vont progressivement s’étendre au segment des terminaux milieu de gamme durant les trois prochaines années. Les connexions qui permettent un accès haut débit à Internet vont se généraliser à l’image d’autres fonctions phares des smartphones actuels comme les clients mails qui permettent l’envoi/réception en temps réel ou les fonctionnalités GPS qui facilitent le guidage piéton.

En ce qui concerne les OS, même s’ils resteront très certainement largement propriétaires, les OS Windows Mobile, Java et Symbian équiperont une plus grande partie des terminaux de ce segment. Enfin, on peut envisager une hausse de la pénétration des OS Android au sein de ce segment au regard du caractère « gratuit » de l’OS de Google.

  • Des terminaux basiques qui s’orientent vers le lowcost, dont les usages restent simples

Les terminaux de ce segment resteront centrés sur les usages et les fonctionnalités basiques de la téléphonie,la voix et les SMS, mais le principal critère de choix de ce segment sera le prix. Ces terminaux, « lowcost », seront le pendant des offres mobiles également lowcost (centrées sur la voix), tendance initiée par les MVNO, sur laquelle les opérateurs commencent à s’orienter et que Free promet de révolutionner et d’établir comme une « norme ».

La répartition actuelle et dans 3 ans du parc de terminaux


Graph1

Source : données agrégées constructeurs, analystes et Idaho Consulting / Périmètre : France

Les principales évolutions du parc de smartphones seront les suivantes :

  • Généralisation des smartphones : ce segment voit passer sa part de marché, de 16 % actuellement à 31 % dans 3 ans
  • Forte progression des OS types Android et Apple au sein du segment des smartphones
  • Les mobiles milieu de gamme se maintiennent d’un point de vue numérique et s’étoffent avec la généralisation des fonctionnalités actuellement présentes dans les smartphones
  • Parc « basic phone » en baisse
  • Le parc adressable, en terme d’applications, passe d’un seul segment, les smartphones à deux segments : les smartphones et les terminaux milieu de gamme pour le futur parc