Applications mobiles : ouverture vers d’autres plateformes de téléchargement pour les développeurs et les marques
Aurélien Briffard 23 oct 2009 05:22 | : Acteurs, Business Models, Opérateurs, Téléphonie mobile
Le marché des applications reste très largement dominé par Apple tant en matière de volume qu’en matière de qualité.
Pour les marques et les développeurs cela pose deux problèmes :
- Le marché des applications est aujourd’hui limité à une faible part du parc global de terminaux
- Difficile d’exister au milieu de tant d’applications, beaucoup d’inutiles
Cela offre en conséquence des opportunités aux plates-formes des concurrents pour se différencier et faire venir des applications.
Un phénomène de saturation de l’App Store qui engendre un problème de visibilité des applications
La croissance exponentielle du nombre d’applications entraine un début de phénomène de saturation sur l’App Store : il est très difficile, pour de nombreuses applications, de figurer ou d’apparaitre en bonne place parmi les différents tops, sélections et autres catégories mis en place par Apple. De nombreux systèmes de recommandation ou de mise en avant des applications, parallèles au circuit classique d’Apple, sont en train d’émerger.
Egalement, afin de d’assurer une visibilité maximale de leurs applications, les développeurs peuvent envisager de porter leurs applications sur d’autres plateformes.
Besoin de valoriser les applications pour les développeurs
Lié à la visibilité des applications, la question de la rentabilisation des applications posent également problème aux développeurs. A nouveau, se tourner vers d’autres plateformes de téléchargement que celle d’Apple, peut aider à rentabiliser l’application.
Une application pour tout : oui, pour n’importe quoi aussi
Apple est réellement en passe de valider son slogan commercial : « une application pour tout ». Si pour une grande majorité des applications, l’intérêt et l’utilité de celles-ci n’est plus à démontrer, il existe de plus en plus d’application dont le degré d’utilité est parfois très proche de zéro. Certains utilisateurs commencent même à s’alarmer de ce phénomène, comme en témoignent les commentaires d’évaluations disponibles sur l’App Store : « nul, ne sert rien ». Ce sentiment « d’inutilité » est parfois renforcé par un manque d’aboutissement et de stabilité des applications, Apple autorisant parfois la publication d’applications qui ne sont pas totalement optimisées d’un point de vue technique.
Pour les différents concurrents de l’App Store, un certain niveau de sélection peut représenter une plus-value auprès de l’utilisateur final. Il peut s’avérer être intéressant de privilégier la qualité à la quantité : moins d’applications mais plus d’applications abouties d’un point de vue ergonomique, technique mais aussi marketing.
L’App Store ne concerne pour l’instant qu’une faible partie du parc global de terminaux
Même si Apple possède une forte part de marché dans le secteur des smartphones en France (environ 40%), l’iPhone et ses différentes déclinaisons (1.0, 3G et 3G S) ne représentent qu’une faible partie du partie du parc total de mobiles en France : environ 2,2 millions d’iPhones sont en circulation contre un parc total d’environ 59 millions de mobiles. Il en résulte que peu d’utilisateurs ont pour instant accès au marché applicatif. L’orientation vers d’autres plateformes permettra ainsi d’augmenter le parc de clients adressables.
Arrivée de terminaux chez la concurrence capables de recevoir des applications « iPhone alike »
Développer des applications dans une « logique et une approche applienne » pour des terminaux avec des fonctionnalités et des équipements limités ne présente que peu d’intérêt. En revanche développer des applications pour des terminaux capables de soutenir la comparaison avec l’iPhone en matière de technicité, d’ergonomie et de parcours client peut s’avérer être beaucoup plus intéressant d’un point de vue commercial. En effet, l’arrivée sur le marché de terminaux aux fonctionnalités proches de celles de l’iPhone (Palm Pré, Motorola Droid …) permet de créer de véritables applications, apportant une plus-value pour l’utilisateur final, sur d’autres supports que l’iPhone.
Les développeurs ont la nécessité et la possibilité maintenant de s’intéresser à d’autres plateformes de téléchargement d’applications dans l’optique d’une plus grande visibilité et d’une meilleure rentabilité. En ce qui concerne les « vendeurs » d’applications, une sélection plus fine des applications et l’engagement de fournir des applications totalement optimisées d’un point de vue technique mais aussi marketing peuvent être une stratégie gagnante.



Quel est l’intérêt pour les développeurs lorsque 99.4% des revenus des application mobiles proviennent de l’Appstore d’Apple ?
Pour les boites de consulting, je vois bien sur l’intérêt, vendre du beau vent tout ca, c’est mieux quand on explique que le marché est morcelé et blah blah blah, mais à part ca, je vois pas.
Bonjour, et tout d’abord merci pour votre lecture attentive et votre contribution.
Plusieurs éléments de réponse :
- d’un point de vue développeur-producteur d’application payante qui souhaite optimiser son temps/retour sur investissement, il est vrai qu’un développement pur iPhone est une bonne tactique.
- il reste que notre point de vue est également tourné vers des marques grand-public qui se doivent d’être visibles sans discrimination avec une optimisation de l’expérience utilisateur maîtrisée quel que soit le support. Il est vrai que pour ces marques, les coûts de développement pourraient être exponentiels s’il faut ajouter une version IOS, une version Androïd, une version Blackberry, une version Windows Phone 7, … alors que par ailleurs de nombreux mobinautes continuent de préférer/d’utiliser le browsing (tout simple).
- il faut penser également à moyen terme. Les plates-formes Androïd ont déjà dépassé en termes de diffusion les plates-forme iPhone. Certes pas encore en termes d’usage, mais il faut s’y préparer. A titre de comparaison, les développeurs/sites qui ne développaient optimisé ”que pour IE” ont bien fait de se tourner un jour vers Firefox.
- pour une ‘boîte de consulting’, l’idée n’est pas de vendre du beau mais d’accompagner nos clients vers une solution optimisée entre coûts de développement, visibilité et optimisation de l’expérience client pour leurs prospects/utilisateurs/clients.
En espérant avoir répondu à vos questions,
Sébastien.