Le succès fulgurant de l’App Store d’Apple, lancé il y a un petit peu plus d’un an, a largement accéléré les manœuvres chez les différents acteurs de l’univers de la téléphonie mobile.

Editeurs, constructeurs et opérateurs se sont positionnés mais aucun n’est actuellement en mesure de rivaliser à la fois en terme de en qualité et en en termes de quantité avec la market place d’Apple. Etat des lieux :

I. Les plateformes « hybrides » OS et constructeurs

App Store : la référence App Store

L’App Store d’Apple continu son développement a un rythme vertigineux, la plateforme vient de dépasser les 2 milliards de téléchargement et revendique au niveau mondial près de 90 000 applications disponibles depuis son lancement en juillet 2008. Des analystes estiment que l’App Store va générer sur l’ensemble de l’année 2009 un chiffre d’affaire de 1,2 milliard de dollars (dont Apple récupère 30 %).

Apple est en passe de confirmer son slogan « une application pour tout », chaque jour l’App Store fait preuve d’une diversité toujours plus grande. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de « visibilité » pour certaines applications, des développeurs reprochant même à Apple un système de mise en avant des applications quelque peu « aléatoire » voir « discriminant ». Malgré ce début de protestation Apple peut s’appuyer sur un réservoir de 125 000 développeurs.

Ce double succès financier et d’usage d’Apple a donc très clairement ouvert une nouvelle voie dans le secteur de la téléphonie mobile et a ainsi validé le fait que les plateformes de téléchargement d’applications mobiles sont des relais de croissance pour les différents acteurs du secteur.

BlackBerry App World

Lancé d’abord aux Etats-Unis en mai 2009, l’App World de BlackBerry est disponible en version française depuis le 31 juillet. La plateforme de RIM semble trouver progressivement un certain rythme de croisière notamment en mobilisant une communauté de développeur relativement conséquente. RIM organise un concours de développeurs doté de 100 000 $ qui se tiendra lors de la BlackBerry Developer Conference en novembre 2009. Outre les développeurs, RIM tente également de promouvoir son application store auprès du grand public avec des opérations innovantes comme par exemple le partenariat mis en place avec U2 : RIM a lancé une application permettant d’accéder à du contenu exclusif de groupe irlandais. A l’image d’Android Market Place on retrouve des applications « poids lourd » comme Facebook. Comme l’App Store, App World accorde une place importante à l’univers des jeux vidéos, notamment de nombreux titre édités par la société Gameloft. Début octobre, 2000 applications étaient disponibles sur l’App World. Les dirigeants de RIM semblent avoir fait le choix (par défaut) de la qualité, ne désirant pas rentrer dans la course à l’armement lancé par Apple et Google. « Nous privilégions la qualité à la quantité. Sur l’App Store, vous trouvez plusieurs versions d’un même outil créées par différents développeurs. Est-ce vraiment nécessaire ? » s’interroge Jeff McDowell, vice-président des partenariats du constructeur canadien.

II. Les application-store liés à un OS

Android Market Place

Le nombre d’applications disponibles sur la plateforme de Google a été multiplié par 4,4 en 4 mois pour dépasser les 10 000 applications au mois de septembre 2009. Android Market Place est de ce fait, le plus sérieux concurrent de l’App Store à la fois en termes de qualité et de quantité. De nombreuses applications phares de l’App Store ont déjà été portées sur l’Android Market. Comme l’App Store, Android fait la part belle aux applications gratuites, elles représentent 64% du total des applications. Autre point fort pour l’Android Market : la multiplication du parc de terminaux adressables : les principaux fabricants de terminaux (hors Apple et RIM) ont lancé ou vont lancer un ou plusieurs terminaux équipés du système d’exploitation de Google.

Windows Market Place

Pour Microsoft, le lancement mondial, début octobre, de la version 6.5 de Windows Mobile, marque également la sortie de la plateforme d’application mobile : Market Place. Très précisément se sont 246 applications qui sont actuellement disponibles au niveau mondial. A l’image de RIM, Microsoft tente de motiver et fédérer une communauté de développeurs autour de son Market Place, Steve Balmer a ainsi annoncé que 753 sociétés ou développeurs indépendants travaillent au développement de nouvelles applications. Pour Microsoft, le véritable virage en termes d’applications arrivera probablement, lors de la sortie de la version mobile de Windows Mobile 7 dont l’objectif avoué et de replacer Microsoft sur le devant de la scène en matière de téléphonie mobile. En attendant, comme RIM, Microsoft mise sur une certaine « qualité », et Steve Balmer de justifier que ce n’est pas le nombre d’applications disponibles qui importe mais plutôt l’utilisation réelle des applications qui est faite.

III. Les application-store des constructeurs de terminaux

L’Ovi Store de Nokia

Si l’on écarte Apple et BlackBerry (dont les plateformes sont directement liées à système d’exploitation particulier), Nokia est le premier constructeur à avoir lancé sa plateforme d’application. Au lancement, en mai 2009, Nokia annonce 20 000 applications disponibles pour les 50 millions d’utilisateurs de mobiles Nokia et 50 modèles de terminaux compatibles (dont le N97 et les séries S60 et S80). Très clairement Nokia a choisi un positionnement plus en rapport avec le volume d’application proposé par Apple. La version française d’Ovi Store a été lancée en septembre, les utilisateurs français peuvent effectuer le paiement des applications soit par carte bancaire, soit par facturation directement auprès de leur opérateur. Comme Apple, Nokia revendique une certaine diversité des applications proposées : jeux, vidéos, podcasts, fonds d’écran, logiciels de productivité, services Web, géolocalisation et applications orientées « fun » sont ainsi disponibles. Comme certains de ses concurrents, Nokia mise sur une communauté de développeurs indépendants pour dynamiser sa création avec La communauté de développeurs du Forum Nokia (FNDC) et son concours « Calling All Innovators » doté d’un prize money de 250 000 $. Nokia espèrent atteindre les 200 millions d’appareils compatibles en 2012, au niveau mondial.

Samsung Application Store

La plateforme du géant coréen est opérationnelle depuis septembre 2009. Lors du lancement européen (Italie, UK et France) 300 applications étaient disponibles et seuls le Player Addict et le Player HD étaient éligibles au service de téléchargement. Samsung n’autorise pour l’instant que le téléchargement via un PC équipé d’un logiciel spécifique. Pour les applications payantes, le paiement se fait à l’acte via une carte bancaire. Pour l’instant, le catalogue du Samsung Application Store est majoritairement constitué de jeux. C’est dans le caractère transversal de sa plateforme que Samsung se montre innovant : Samsung envisage d’ouvrir prochainement le téléchargement des applications aux netbooks et aux PC (deux équipements également fabriqués par Samsung). Samsung espère atteindre le seuil des 2000 applications disponibles au début de l’année 2010.

LG Application Store

Lancé en juillet 2009, la plateforme de LG n’est pour l’instant accessible que pour la zone Asie et quelques autres pays comme l’Australie ou le Brésil. LG prévoit une mise à disposition de son magasin d’application pour l’Europe avant la fin de l’année 2009. 1400 applications étaient disponibles au lancement, dont 100 gratuites, avec un téléchargement disponible soit depuis un des smartphones éligibles au service, soit depuis un PC, le paiement s’effectuant soit par carte bancaire soit par prélèvement sur la facture téléphonique.

Sony Ericsson PlayNow arena

Lancée en août dans 13 pays, la plateforme de téléchargement d’applications d’application de Sony Ericsson se veut la plus ouverte possible : les applications sont développées sous Java afin de garantir une compatibilité la plus large possible, que ce soit avec les smartphones de dernière génération ou avec des features phones plus standards. PlayNow arena sera également compatible avec les futurs terminaux de la marque équipés de l’OS mobile Android. Sony Ericsson mise sur une logique multi-contenu à l’instar d’Apple puisque de la musique, des vidéos sont également accessibles depuis sa plateforme de téléchargement en profitant des synergies avec les plateformes existantes : PlayNow + et Play Now Movie. La version française de PlayNow arena sera lancée très prochainement.

IV. Les application-store opérateurs

Application Shop d’Orange

Lancé en avril dernier, Application Shop est accessible dans 4 pays : la France, l’Espagne, la Belgique et le Royaume Uni, le service est accessible via un PC et depuis peu directement sur le mobile (uniquement en France et au Royaume Uni). Environ 300 applications (format Java) sont actuellement disponibles. Pour l’instant, seul les terminaux « Java Verified » permettent d’accéder au service (parmi les plus célèbres : Nokia N96, HTC Touch Diamond, Nokia 5800 XpressMusic , Sony Ericsson W980 …). Orange envisage d’ouvrir Application Shop aux OS BlackBerry, Android, Windows Mobile et ambitionne de rendre le service compatible avec « un maximum de terminaux possible ».

SFR Appli Store

SFR a lancé une première version de son Appli Store en version Bêta en novembre 2008 pour accompagner la sortie de son terminal hybride le MID M! PC Pocket avec des applications au format AIR (Adobe). Toujours en version Bêta, SFR a depuis étendu son service aux mobiles et annonce une compatibilité du service avec quelques smartphones  équipés d’OS suivants : Java J2ME, Symbian, Windows Mobile, Blackberry et Androïd. Environ 300 applications destinées au mobile sont disponibles.

Application à télécharger de Bouygues Telecom

Lancée en mars 2009, la plateforme de Bouygues Telecom est accessible pour les smartphones commercialisés par l’opérateur et équipés d’un des OS suivants : Windows Mobile, Symbian S60,Android et BlackBerry. Environ une cinquantaine d’applications sont actuellement disponible au téléchargement, parmi lesquelles, des applications phares du géant Google comme Gmail et Google Latitude.

Globalement le marché des applications reste très largement dominé par Apple tant en matière de volume qu’en matière de qualité. Son développement reste lié néanmoins au parc d’I Phone.

Android est le concurrent le plus sérieux, grâce à l’application  store lui-même et aussi au nombre de terminaux supportés. Les constructeurs de terminaux se positionnent vite et bien alors que les opérateurs ferment la marche.

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